…je ne lui ai rien demandé!

J’ai eu une discussion pleine d’émotions hier, avec une grande amie, qui me disait a peu près celà… Et j’ai aussi eu ce genre de commentaire des tonnes de fois avec ma conjointe… « t’es pas obligé de le faire, je t’ai rien demandé… »

Mais qu’est-ce qui est « demandé » ?!

adorable-toddler-and-his-puppy-continue-napping-together-9Ce questionnement m’occasionne un grand travail de réflexion afin de trouver les mots pour expliquer cette situation ambigüe qui peut aller super loin dans une relation de couple. Il n’y a pas qu’une raison, il n’y a pas qu’une explication… Il y a des raisons pour expliquer cette attitude… en fait, c’est toujours la meme chose, mais personne ne veut l’admettre.

Quand on fait quelque chose dans le couple, ça ne vient pas nécessairement d’un besoin ou d’une demande. Parfois ça vient par automatisme parce qu’on veut plaire à l’autre, ou parce qu’on veut lui faire plaisir. Parfois même c’est par dépit parce que l’autre nous prend pour acquis et on veut préserver la paix dans le couple.

Mais la majorité du temps, on n’attend que très peu en retour si ce n’est que de la reconnaissance. Entendre l’autre démontrer l’appréciation sur le geste posé… Et si on parlait de mises en situation?

Par exemple, l’autre se laisse toujours trainer et on ramasse derrière pour garder le lieu propre. Pas obligé, pas demandé, mais pour que le lieu soit propre, il faut bien que quelqu’un le fasse. Si l’autre vous prend pour acquis en se disant que c’est pas grave puisque vous ramasserez bien, c’est triste. Si l’autre vous remercie pour le geste, ça en vallait la peine. Si l’autre considère que le ménage est mal fait, ça va en deçà de la tristesse, ça ajoute de la frustration parce qu’on sait qui n’a pas fait l’effort de préserver la propreté du lieu… un point de rancune et un point d’engueulade probable dans le futur.

Un autre exemple, subir les sorties au cinéma pour plaire à l’autre et passer du temps de qualité avec l’autre, même si c’est l’autre qui en profite le plus. Lorsque vient le temps de choisir pour soit, parfois on préfère s’abstenir parce qu’on voudrait simplement passer du temps de qualité à rien faire avec l’autre… qui nous reproche maintenant le fait qu’on n’était pas obligé de le suivre dans le passé, qu’on avait la possibilité de s’objecter, et que si on ne l’a pas fait, c’est parce qu’on voulait bien suivre… un point de rancune pour avoir voulu faire plaisir à l’autre, et un point de frustration qui va nous faire garder le silence dans le futur.

Et que dire de l’exemple des coquineries sexuelles… après que vous ayez invité une demoiselle a partager votre lit, et que l’autre ait apprécié au plus haut point, vous le critiquez parce que vous l’avez supposément fait que pour lui faire plaisir et que vous voulez un retour d’ascenseur. Sa réponse devrait être « merci chéri, c’était agréable, on va faire tout ce qu’il faut pour que tu en profites aussi »… mais en fait, ça tourne a la bagarre, et parce que la phrase « je t’avais rien demandé » est sortie, ça cause une furie dans le couple… plusieurs points de frustration et peut-être meme une séparation le même soir.

… i l y a des tonnes de situations de tous les jours qui apportent notre lot de rancunes et de frustrations… mais pourquoi ça en vient à ça, et comment régler le problème a la source ou pour l’avenir?

Un premier pas, c’est de reconnaitre que l’autre ne peut être pris pour acquis, et concerver cette observation. Conscilier ensemble l’attitude à avoir pour les acquis. Par exemple, est-ce qu’on a toujours besoin de demander pour recevoir un massage, ou est-ce que le fait de recevoir un massage devrait être accompagné d’une marque d’appréciation? On le fait pour les enfants, on leur montre à dire SVP et Merci… dans le couple, ça doit venir tout seul, ou revenir après une période de silence… parce que même si on aime l’autre, il faut que l’autre le sache par d’autres mots que simplement « je t’aime ».

Arrêter de prendre l’autre pour acquis c’est une chose, mais plus important encore, c’est de prendre la responsabilité de ce qui est nôtre. Admettre nos fautes lorsqu’on est responsable d’une situation. Par exemple, on est trop lâche pour se ramasser, alors pour que les choses soit claires, simplement admettre à l’autre qu’on est lâche et qu’on préfère que l’autre prenne les devants pour nous ramasser. C’est une preuve de respect pour le travail qui est fait… au lieu de critiquer le menage non fait quand on sait en être une des raisons.

Un autre élément, c’est de ne pas prendre les gestes du passé pour une représentation du futur. Les gens peuvent changer. On peut modifier nos comportements dépendant de l’intérêt qu’on porte envers quelqu’un. Par exemple, je peux commencer a faire descroissants le matin même si je n’aime pas les croissants, simplement parce que je veux plaire à l’autre… avec le temps, ça peut devenir un élément important dans la communication, les petits soins portés à l’autre. Lorsqu’on en parle à l’autre, il est certain que l’autre doit admettre qu’il s’agit d’une attention importante dans la relation de couple, au lieu de dire « je t’ai rien demandé »…

Ne pas rendre le passé garant de l’avenir, c’est encore pire… « Tu m’as choisi il y a 10ans pour la personne que je suis, alors endure… » … pas vraiment. On se choisit dans le temps parce qu’on aime ce qui est devant nous à ce moment… si l’autre change, et se transforme parce qu’il a voulu nous séduire dans le passé ou simplement parce qu’on change tous, ce n’est pas une excuse pour que l’on ait à subir ces changements sans broncher. Il faut évoluer ensemble, en parallèle. Donc au lieu du classique « endure moi, tu m’as choisi », tenter de faire évoluer le couple dans le sens des changements apportés à votre propre personnalité.

Ne pas s’empêcher de vivre pour l’autre. Si vous êtes un alpiniste dans l’âme et que l’autre pas, il ne faut pas s’empêcher de gravir les montagnes, il faut trouver des compromis… par exemple un week-end par mois pour l’alpiniste, et un week-end pour du temps de qualité avec l’autre. Lorsque les deux sont maniaques de la même chose, c’est pareil, parce qu’il ne faut pas se perdre dans la routine.

Toujours se donner du temps de qualité, et s’efforcer de garder cette habitude sans qu’elle devienne une routine lassante. Parce que lors des moments plus lourds de la vie, on a besoin d’un havre de paix, et le meilleur c’est les bras de l’autre. Si on ne prend pas le temps de se donner des moments de qualité, on ne se donne pas de porte de sortie quand une crise subvient.

Ne pas prendre l’autre pour un héro sans faille… parce que ça arrive que l’autre soit fort pendant une période difficile, mais qu’il ait besoin de votre appuis lors d’autres événements. Par exemple, monsieur est capable d’affronter les rats de la maison, mais s’évanouis lorsqu’il court le marathon. *(ok, j’ai pas d’exemple a part l’accouchement, bon)

Et des fois, on fait quelque chose simplement parce qu’on a le goût de le faire, pas parce qu’on doit… Le chien ne dors pas collé sur le bébé pour faire du bien au bébé, il aime juste dormir collé, point final. Et le bébé ne dors pas collé sur son chien pour apprivoiser son chien, mais bien parce que c’est chaud et que c’est « son » chien… il n’y a pas toujours de sentiments relatifs à une action, mais c’est toujours le coeur qui décide.

Parce que effectivement, on peut bien avoir envie de dormir collé avec quelqu’un comme on aime dormir collé tous les soirs. Mais si c’est pour soi seulement, il peut arriver des moments où ça déplait à l’autre… Les jours où l’autre s’endors sur le divan mais qu’on réveille pour aller se coucher dans le lit, ça peut arriver que l’autre n’arrive plus à dormir par la suite, même si vous, vous êtes content de dormir collé… Il faut être capable de s’excuser par la suite et de montrer l’appréciation du sacrifice obligé… parce que c’est vous qui sans le demander, avez voulu recevoir ce privilège de dormir collé…

Et non y a personne qui m’ait demandé d’écrire ce billet… j’ai probablement écrit des trucs tous croches comme d’hab, c’est moi qui en suit responsable. Et je ne vous tiendrai pas responsable si vous n’aimez pas… je ne suis pas rancunier… mais je vous le rappellerai si vous vous plaignez.